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Les "Trotsky papers"

Pourquoi le politicien russe a passé la nuit à Tonneins le 24 juillet 1933 ?

 

Dans le n°20 de La Mémoire du Fleuve, Pierre Robin nous parle de ce visiteur célèbre « Trotsky », qui s’arrête et qui passe sa première nuit (24 au 25 juillet 1933) sur le sol français à Tonneins. Nous vous laissons découvrir l’article de Pierre après cette présentation.

 

Après avoir émis plusieurs hypothèses, nous retiendrons la plus plausible : Tonneins n’est qu’une étape avant la localité de Saint-Palais où doit séjourner cet homme politique. Mais ce que nous avons découvert après avoir publié ces deux articles (N° 20 et 25 de La Mémoire du Fleuve), c’est que Trotsky souffrait d’un lumbago et il ne supportait plus les soubresauts de la voiture et il a imposé cette halte.

 

Pour mener à bien nos recherches ou plutôt cette enquête, nous avons compulsé divers documents qui se trouvent dans les différentes archives : Archives nationales, départementales, divers services de polices, mais c’est dans les « Trotsky papers » que nous avons trouvé la certitude de sa venue à Tonneins.

 

Nos recherches nous ont donc amenés à l’Université de Harvard-Cambridge dans le Massachussetts (USA) où se trouvent les papiers de Trotsky acquis par la librairie du collège de Harvard en 1940 et 1946.

 

C’est dans les documents rassemblés du 24 mars au 31 mars 1937 par Jean Beaussier et Raymond Leprince, que nous trouvons la trace écrite de son passage à Tonneins. Ces deux personnages ont entrepris en commun ce voyage :

 

  1. Pour retrouver l’hôtel où Léon Trotsky et Nathalie Trotsky, accompagnés de quatre camarades dont Sédoff, firent halte dans la nuit du 24 au 25 juillet 1933.
  2. Pour recueillir sur place le maximum d’informations sur le séjour de Léon Trotsky à Saint- Palais.

 

« 1r Témoignage de M. Couret, hôtelier à Tonneins, sur le séjour de Léon et Nathalie Trotsky, accompagnés de Léon Sédoff, Lestarade, Raymond Molinier, Raymond Leprince, dans la nuit du 24 au 25 juillet 1933, à l’hôtel du Centre à Tonneins (Lot-et-Garonne) à 15 km de Marmande : 

 

 "Cet hôtel qui fut la seule halte prolongée durant le voyage de Marseille à Saint-Palais, fut difficilement retrouvé. Avant le départ de Paris nous avions recueilli les souvenirs de Lestarade et de Sédoff.

 

Cependant malgré les souvenirs très précis de Leprince, nos recherches furent longues. Une première fois nous passâmes devant la place sans le reconnaître, une foire s’y tenait à ce moment, qui modifiait complètement l’aspect.

 

Une fois l’hôtel reconnu à coup sûr (la disposition des lieux correspondait rigoureusement aux croquis fournis par Lestarade et Sédoff), une nouvelle difficulté se présenta.

 

Comme dans la plupart des hôtels à cette époque, les fiches établissant l’identité des voyageurs ne furent pas remplies lors du passage. Ce n’est qu’en indiquant à l’hôtelier les chambres qui avaient été occupées, qu’il put vérifier sur son registre que ces chambres demeurées libres dans la journée du 24 juillet avaient été occupées par des voyageurs arrivés tard dans la nuit. M. Couret se rappela parfaitement après avoir rassemblé ses souvenirs, que dans la nuit du 24 au 25 juillet il recueilli 5 voyageurs dont un couple âgé. Ce chiffre de 5 donné par lui, alors qu’il y en eu en réalité 6, correspond aux lits occupés car Lestarade et Sédoff, montèrent la garde à tour de rôle cette nuit-là et s’étendirent à tour de rôle sur le même lit. Les photos de l’hôtel jointes au témoignage de l’hôtelier coïncident en tous points avec le témoignage de Lestarade et les indications de Sédoff.

 

Vérification au café de Turon à La Réole (Gironde).

 

Dans ce café Léon et Nathalie Trotsky, accompagnés des quatre camarades plus haut mentionnés, prirent leur déjeuner vers 9 heures trente minutes (voir le témoignage de Lestarade). Bien entendu, aucune possibilité de retrouver ici la preuve formelle du passage des voyageurs, trop bref pour laisser une trace quelconque dans la mémoire du propriétaire.

 

Cependant Leprince aidé par ses souvenirs, identifia à coup sur le café, café de Turon, place G. Pernin à La Réole.

 

 Avant de partir de Paris, Leprince avait fait, de la petite place où se trouvait le Café une description qui coïncidait avec la réalité. Sur place, Leprince retrouva le fruitier où des fruits furent achetés et le marchand de journaux. Un seul détail ne coïncidait pas : la présence d’une véranda dont Leprince était certain qu’elle n’existait pas en juillet 1933.

 

Une rapide enquête auprès du propriétaire et de l’entrepreneur qui avait exécuté les travaux du café, nous permit d’apprendre que cette véranda avait été construite à la fin de l’année 1933… »

 

Alain Glayroux

 

Cliquer ici pour lire l'article signé Pierre Robin, publié dans le numéro 20 de La Mémoire du Fleuve